Chronologie de la Guadeloupe

 

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  Histoire et civilisation de la Caraïbe /Jean-Pierre Sainton, Raymond Boutin - 2004 - 

 

Et 

  

La Découverte du SUCRE

 

L’origine du sucre reste emprunte d'un certain mystère.

Pourtant, et notamment grâce à des documents anciens, on peut avancer quelques

hypothèses et reconstituer son histoire…

Connue dès la plus haute Antiquité dans le golfe du Bengale, les bassins du Gange et de L’Indus, la canne à sucre, plante d’abord sauvage puis cultivée, est utilisée et appréciée pour

son goût suave et sucré.

 

On apprend, par de très anciens poètes, qu’en Inde on reconnaissait au sucre une origine divine

et de nombreuses vertus,et , l'on sait aussi que le sucre est apprécié des chinois plusieurs millénaires avant Jésus-Christ.

 

Quelques siècles plus tard, les Arabes envahissent l’Asie ; ils en rapportent la canne à sucre qu’ils tentent d’acclimater dans les pays méditerranéens qu’ils occupent.

Dès lors, sa culture se répand en Egypte dans la vallée du Nil et en Palestine le long du Jourdain, puis gagne la Syrie, l’Afrique du Nord, Chypre, Rhodes, les îles Baléares et l’Espagne du sud.

 

Mais le sucre demeure quasiment méconnu en Europe ; il reste un produit exotique, rare, que seuls reçoivent les cours royales et quelques apothicaires, approvisionnés par les caravanes venues d’Orient.

 

Ce n’est qu’avec les Croisades, à partir du XIIe siècle, que l’Occident du Moyen-âge va connaître le sucre qui est alors à la fois épice, médicament et monnaie d’échange.

 

Les Croisés découvrent, en effet, les cultures de canne à sucre de Syrie et de Palestine.

Ils rapportent l’herbe précieuse, l’implantent en Grèce, en Sicile et dans le sud de la France.

 

On trouve alors le sucre en pains plus ou moins réguliers ou réduit en poudre et sa consommation s’accroît très rapidement.

 

Les besoins s’amplifiant, le commerce du sucre se développe et les marchands de Venise, qui détiennent le quasi monopole du commerce avec l’Orient, font de leur ville la capitale sucrière de l’Europe. Les marchands vénitiens vont chercher le sucre venu de l’Inde à Alexandrie, le rapportent à Venise où ils le traitent et le purifient donnant ainsi naissance, au milieu du XVe siècle à l’industrie européenne du raffinage. Conditionné en pains, le sucre est alors expédié dans toute l’Europe.

 

Dès le XVe siècle, Portugais et Espagnols développent avec succès la culture de la canne à sucre dans leurs territoires de Madère, des Iles Canaries et du Cap vert.

Lorsque Vasco de Gama découvre le Cap de Bonne Espérance en 1497, il ouvre la route des Indes aux navigateurs portugais qui vont bientôt concurrencer les Vénitiens dans le commerce du sucre.

 

 

Lisbonne devient à son tour un grand centre de raffinage et fournit une grande partie de l’Europe en sucre.

 

Pourtant, c’est avec la découverte de l’Amérique que la production de sucre prend de l’extension.

 

Christophe Colomb installe à Saint-Domingue des plants de canne à sucre issus des Canaries dès son second voyage aux Amériques et vers 1505, cette île fabrique pour la première fois son propre sucre.

 

C’est le début d’une production prospère et lucrative

 

 

 

 

 

L’impulsion est donnée : toutes les nouvelles terres colonisées au cours du XVIe et au tout début du XVIIe siècle vont entreprendre la culture de la canne à sucre et le Mexique, le Brésil, le Pérou s’y consacreront aussi.

 

Un récit de voyage datant de 1620 nous confirme que la canne à sucre est aussi cultivée au Chili, au Venezuela, en Colombie, en Equateur, et au Paraguay, pays qui possèdent tous leurs « moulins à sucre ».

 

Dans la première moitié du XVIIe siècle, la culture de la canne à sucre va s’intensifier avec son introduction aux Antilles, (Guadeloupe et Martinique) où sa production connaît une expansion considérable mais engendre, en corollaire, l’esclavagisme et le « commerce

D’ébène » qui assure aux plantations la main d’œuvre qu’elle ne trouve pas sur place.

 

A la veille de la Révolution, la France est à la première place européenne pour le raffinage et le commerce du sucre qui se développent à Rouen, Nantes, La Rochelle et Marseille.

 

Le sucre en provenance des Antilles est redistribué vers la Hollande, l’Allemagne, la Scandinavie.

 

Mais en 1789, la Révolution paralyse totalement le commerce français du sucre.

En 1792, la France se trouve en guerre avec l’Angleterre qui contrôle les mers avec sa puissante flotte.

 

Les échanges commerciaux avec les pays producteurs de sucre, entièrement tributaires du transport maritime, sont devenus impossibles et le sucre vient à manquer.

Il sera même rationné dès 1795.

 

La situation s’aggrave encore lorsqu’en 1806, Napoléon décrète le Blocus Continental, interdisant aux Anglais tout accès aux ports du continent.

Or les îles françaises sont aux mains des Anglais et le sucre de canne en provenance des colonies n’arrive plus.

 

C’est la pénurie dans toutes les villes d’Europe !

 

C’est alors que les chercheurs, incités par Napoléon, s’intéressent à l’idée de produire du

sucre à partir de certaines plantes de nos latitudes.

Déjà en 1575, l’agronome Olivier de Serres marquait, dans son « Théâtre de l’agriculture »,un intérêt soutenu pour la betterave :

 

« Une espèce de pastenade est la betterave, laquelle nous est venue d’Italie il n’y a pas

longtemps. C’est une racine rouge assez grosse… Le jus qu’elle rend en cuisant, semblable au sirop de sucre, est très beau à voir par sa merveille couleur. »

Cent soixante-dix ans plus tard, le chimiste Allemand Andréas Marggraf explique dans un mémoire : "que la betterave à sucre ne contient pas seulement un produit analogue au sucre mais du vrai sucre, du sucre complet, totalement égal au sucre bien connu de la canne."

 

Pourtant, ce constat reste sans suite…

 

En 1786, Frédéric Achard, élève de Marggraf, reprend ses travaux. Il réussit à extraire du sucre de la betterave et à le solidifier. Le Roi de Prusse s’intéresse à cette découverte et finance une première usine en Silésie. D’autres se créent en Bohe, puis dans la région parisienne tant les travaux d’Achard sont populaires en Europe.

Mais les résultats restent décevants et le sucre de médiocre qualité.

 

Au moment du Blocus Continental, l’empereur encourage les recherches sur la betterave sucrière, incite à sa culture en promettant en récompense des exonérations d’impôt.

 

Les résultats sont rapides et probants.

Les fabriques de sucre se multiplient sur le territoire et les progrès réalisés dans la technique de fabrication font baisser de manière sensible le prix du sucre.

Le 2 janvier 1812, Benjamin Delessert, raffineur à Passy près de Paris, reçoit la Légion d’Honneur des mains de l’Empereur.

 

Il vient de présenter le premier pain de sucre de betterave !

La chute de l’Empire va interrompre ce fabuleux élan donné à la production de sucre betteravier.

 

 Mais le sucre des colonies, accumulé au fil des ans, arrive alors en quantité dans les ports français à nouveau libres d’accès.

Le cours du sucre de métropole s’effondre. La plupart des industriels, ruinés, ferment les portes des usines.

 

Pourtant, cet avatar du sucre français est de courte durée et l’industrie sucrière métropolitaine reprend et poursuit son développement avec des techniques qui se perfectionnent toujours davantage.

 

C’est alors, entre producteurs coloniaux et producteurs de métropole, une rude concurrence qui suscite des débats politiques passionnés.

 

Malgré cette farouche rivalité, la production betteravière poursuit son extension et en 1875, la France est le premier pays européen producteur.

Au début du XXe siècle, les luttes pour la conquête des marchés sont si âpres qu’une entente internationale s’impose.

 

Elle intervient en mars 1902 et réglemente les productions respectives de canne et de betterave.

 

Mais la Première guerre Mondiale (1914-1918) dont les combats ont pour théâtre les grandes zones de production de betterave porte un coup terrible au sucre de betterave.

 

Un grand nombre de sucreries sont détruites, la matière première, le matériel, la main d’œuvre font cruellement défaut.

 

C’est la récession !

  

Dans le même temps,le sucre de canne voit sa production repartir à la hausse

 

Le XXe siècle verra se succéder de nombreux accords internationaux tentant de réguler et de pacifier la production mondiale de ce produit désormais de première nécessité, présent dans tous les foyers et dont le besoin croît avec l’accroissement démographique mondial.

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Coùt de Revient
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Sucre p.24
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La neutralité politique n'exige en aucun cas de porter des visières, nous aussi pouvons nous intéresser à la lecture de certains constats à travers nos iles caraïbes.

Dossier d'enseignement
J'espère qu'il vous plaira !
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